Interview du président de Citizen@Work, Guy Keckhut

D’où vient Citizen@Work?

Même si le nom est nouveau – il date de quelques mois – notre association européenne est active depuis plus de 40 ans déjà… Les fondateurs de l’Association européenne pour la promotion de la santé (AEPS) étaient plutôt visionnaires en choisissant de faire de la santé un objet de cohérence et de coopération au plan européen.
Notre nouveau nom s’adresse aux hommes et femmes actifs qui sont aussi – et avant tout – des citoyens, acteurs dans leur environnement de travail. Les mots clés qui ont été retenus pour qualifier notre identité regroupent les différentes notions : travail, citoyen, société, économie, santé, européen…
L’axe fort que nous souhaitons voir véhiculé au travers de notre identité se fonde sur le fait que le développement durable, dont tout le monde parle,repose sur un retour du pouvoir d’agir de chacun.Nous sommes responsables de nos choix, de nos actes, source de santé, notamment au travail.

Citizen@Work, c’est qui ?

Nous sommes un collectif composé de professionnels du monde économique, politique, universitaire, syndical et associatif. Nous voulons être acteurs et promoteurs d’une société responsable et servir l’intérêt général. Un mouvement indépendant organisé en association de niveau européen, avec une vision internationale. Il est composé d’individus, entreprises, membres non européens, associations professionnelles, institutions publiques ou privées, monde des collectivités publiques. La porte est ouverte à tous.

Expliquez votre logo

Il s’agit d’un visuel qui symbolise la célèbre image de l’Homme de Vitruve, oeuvre du génie Leonard de Vinci daté de 1492. Cette œuvre symbolise l’humanisme, l’homme y est considéré comme « le centre de l’univers ». Choisir un logo n’est jamais simple. Mais, j’avoue être fier de la décision prise par notre collectif : il représente les valeurs cardinales de l’humanisme, avec toute la modernité de son message.

Quel public visez-vous ?

Je parlerais des organisations dans leur ensemble, dont les entreprises – quelles que soient leur taille – et les institutions publiques ou privées. Nos thématiques sont transversales. Elles touchent le monde professionnel dans sa globalité.

Si je devais qualifier plus précisément nos cibles :

    • l’Homme au travail, en tant qu’acteur dans un écosystème
    • les dirigeants, cadres dirigeants et instances de gouvernance desdites organisations
    • le monde syndical et patronal
    • les acteurs politiques et institutionnels nationaux et européens jouant un rôle de décideur ou d’influenceur
    • les relais d’opinion et les médias
    • les professionnels de la santé, de l’économie, de la sociologie, du droit du travail
    • les réseaux universitaires, les écoles et les chercheurs

Bref, nous sommes dans une totale interconnexion des sujets à traiter, et donc des compétences à mobiliser.
Pour quels types d’actions ?
Trois types d’actions sont actuellement en mesure de répondre à nos objectifs :

  • Premièrement, des actions de réflexion au travers de journées d’études, des congrès, colloques, et aussi de publications, etc.
  • Deuxièmement, des actions de valorisation et de diffusion de bonnes pratiques symbolisées en grande partie par l’organisation annuelle du Grand Prix européen de Citizen@Work, structuré selon plusieurs catégories.
  • Troisièmement, des actions partenariales visant à travailler avec les acteurs concernés par les problématiques qui nous occupent pour faire progresser les choses : propositions pour des réglementations toujours mieux adaptées, études-actions, etc.

Comment voyez-vous l’avenir au travail, quelles évolutions avec le numérique, les robots ? Et la place de l’Homme dans ce contexte très évolutif ?

Nous pensons qu’une harmonie entre compétitivité économique et cohésion sociale est possible et souhaitable, et qu’elle est source de performance pour les organisations. Nous pensons aussi que des intérêts communs existent entre les dimensions économiques et les dimensions humaines dans le monde du travail, et que (seul) le dialogue permet de les faire ressortir. Le monde est en perpétuelle évolution et accélération. Agir pour l’équilibre de l’être humain dans le monde du travail contribue à construire une société meilleure pour tous : travailleurs, entrepreneurs, décideurs, citoyens. L’être humain peut et doit (re)trouver sa place, en se réalisant dans les initiatives qu’il prend pour ne (plus)subir.
A partir de là, et loin d’être naïfs au regard de ce qui nous entoure, nous devons être capables de générer des réponses nouvelles, simples si possibles.Il ne s’agit pasd’aborder le travail et son environnement comme quelque chose d’inhumain, mais comme une réalité à laquelle nous devons être préparés.
Un exemple : vous me parlez de robots. Non, il ne faut pas en avoir peur. Les robots ne détruisent pas l’emploi, si on raisonne de façon un peu hâtive, mais c’est vrai qu’ils le transforment. On détruit des métiers, c’est vrai. Mais, il en est de la sorte puisque nous évoluons depuis toujours . La question est de savoir comment nous nous préparons et comment gérer ces changements.

Comment imaginez-vous le DRH de demain ?

Pas facile à dire… Une sorte d’ingénieur de la valorisation du potentiel humain dans les organisations ? J’ai plutôt envie de dire qu’il faut le prendre tel qu’il est aujourd’hui. Puis, il devra avancer au gré des mutations rapides qu’il doit lui-même savoir gérer dans les organisations. Et ce par l’anticipation et la compréhension de ce qui fait l’économie et donc le travail au XXIe siècle. Qui peut dire si le salariat a un avenir, quand on voit les profonds changements de mentalités et de pratiques des nouvelles générations au travail ? Voyez par exemple ce qui se passe dans la SiliconValley où l’on résonne en communauté de travail…Une problématique pas simple pour un DRH…

Que peut apporter Citizen@work dans le bouleversement des relations à venir dans le monde du travail ? Une réflexion ? Des actions ?

Une réflexion et des actions. Pour être précis, nous avons choisi trois axes de positionnement, et je souhaite que nous soyons productifs dans les trois.

  • Premièrement, oui, il faut réfléchir, en menant et suscitant la réflexion sur des thématiques actuelles et/ou émergentes que nous définissons avec des acteurs choisis.
  • Deuxièmement, il faut agir et faire agir, par la sensibilisation en encourageant et en diffusant les bonnes pratiques, parles réseaux d’ambassadeurs que nous allons mobiliser, par un soutien scientifique, technique et relationnel à certaines initiatives sur le terrain, etc.
  • Troisièmement, il nous faut chercher à influencer utilement les décideurs, en menant des actions significatives de lobbying pour faire évoluer les lois et règlementations. Vous avez noté que notre siège social se situe à Bruxelles, c’est un choix pour travailler plus en proximité avec ces acteurs.

 

Propos recueillis par Christian Frohnhofer.

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